DÉCLARATION DE LA C.G.T. : Les négociations qui poursuivent aboutissent, dans un certain nombre de secteurs, à des résultats importants, assurant des augmentations de salaires sensibles pour toutes les catégories de salariés notamment les moins payées, et appliquent - en les améliorant - les dispositions du projet de protocole de Grenelle en matière de réduction du temps de travail, de libertés syndicales et de règlement de différentes autres revendications. C'est le cas de l'ensemble de la Fonction Publique, de l'E.D.F., des travailleurs de l'Etat, et de plusieurs industries du secteur privé. Par contre, on assiste dans le même temps à des lenteurs et à une attitude restrictive inadmissible du ministère des Transports en ce qui concerns les cheminots. Il en est de même à la R.A.T.P. où les travailleurs, sur le conseil de la Fédération C.G.T. ont repoussé les propositions insuffisantes du ministre, et dans les charbonnages. Dans plusieurs grandes industries du secteur privé, notamment la Métallurgie, le Bâtiment, la Chimie et le Caoutchouc, les organisations patronales rendent impossibles des négociations sérieuses, prétendent accorder aux salariés de ces branches moins qu'aux autres et vont parfois même jusqu'à s'opposer à l'application des stipulations de base acquises à Grenelle. Le Bureau Confédéral de la C.G.T. dénonce ces groupes de patrons provocateurs, qui se trouvent être parmi les plus influents. Ils portent l'entière responsabilité de la poursuite de la grève dans ces industries. Monsieur GUENA, ministre de l'Information, a prétendu que la grève se prolongeait sans motif revendicatif et tente d'intimider les travailleurs, apportant ainsi le soutien du gouvernement aux patrons les plus réactionnaires. On est en droit de demander au gouvernement quel but il poursuit quand il tente d'infliger une discrimination à certains salariés de l'Etat et soutient l'intransigeance des patrons alors qu'il a dû accorder davantage au plus grand nombre de ses personnels. Le Bureau Confédéral met en garde les travailleurs et l'opinion publique contre la campagne orchestrée par le gouvernement sur les radios et à la télévision, tendant à faire croire à une reprise du travail généralisée sans considération des résultats obtenus. Le Bureau Confédéral demande aux travailleurs de n'accorder aucun crédit aux informations qui n'émanent pas de ses organisations. Le reprise du travail aura lieu en bon ordre là où les revendications ont reҫu des satisfactions suffisantes et où les travailleurs l'aurant collectivement décidée par une consultation organisée par les comités de grève et les organisations syndicales. Par contre, la C.G.T. appelle les travailleurs des entreprises et industries qui n'ont pas obtenu satisfaction, et sont l'objet d'intolérables discriminations, à renforcer leur grève et leur unité et à poursuivre la lutte sous la conduite de leurs comités de grève, des Fédérations et Syndicats C.G.T. correspondants, dans l'unité la plus large avec les autres organisations syndicales. La C.G.T. prendra les dispositions nécessaires pour organiser une solidarité matérielle massive à l'éard de ces travaillleurs contraints de prolonger leur grève par la faute de patrons auxquels les événements n'ont rien appris. Paris, le 2 Juin 1968 BULLETIN D'ADHESION A LA C.G.T. NOM....Profession...Prénom...Addresse... (a retourner à l'Union Locale, 2 rue du Charolais, PARIS 12ème)
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